Architecte de formation, Quentin Wilbaux vit dans la médina de Marrakech depuis une quinzaine d'années. Parallèlement à la réhabilitation d'anciennes maisons et de riyads dans le cadre de la société "Marrakech-Médina" il y mène une large enquête sur l'architecture et l'urbanisme traditionnels.  Il a présenté le fruit de ces recherches dans la thèse qu'il a soutenue en juin 2000 à Paris, à L'EHESS.

TRAVAIL DE RENOVATION

Perdues dans le labyrinthe des ruelles de la médina de Marrakech, de vieilles demeures, d’anciens palais abandonnés sont quotidiennement détruits ou morcelées.
Dans l’urgence de sauver cette fragile architecture de terre, c’est aujourd’hui à travers l’intérêt qu’elle suscite encore auprès des voyageurs et des touristes que peuvent être trouvés les moyens de les sauver et de leur offrir une nouvelle vie.
Ces maisons et riyads (maisons construites autour de jardins) sont rénovées dans le respect de l’architecture , des matériaux et des techniques traditionnelles. Elles sont ensuite proposées à la location pour des personnes ou des groupes de personnes ( marocains ou étrangers) qui souhaitent  vivre l’expérience unique d’habiter des espaces anciens et authentiques.

Le mouvement est lancé, mais beaucoup reste à faire pour revaloriser durablement les espaces de la médina auprès des populations musulmanes qui les avaient créés et qui en restent les légataires. Puissent-elles, conscientes de l’extraordinaire richesse de leur patrimoine, revenir un jour habiter autour de leurs jardins d’orangers.

TRAVAIL DE RECHERCHE

Labyrinthique, désordonnée, la médina de Marrakech est souvent présentée comme exemple d’une structure urbaine et spatiale de type spontané. Les villes qui se seraient formées de façon quasi naturelle sont généralement appelées spontanées  par opposition aux villes créées , implantations volontaires réalisées suivant les règles d’un urbanisme planifié. Dans ce sens Marrakech est évidemment à classer parmi les villes spontanées dont elle rassemble presque tous les critères : des quartiers nés de la juxtaposition de cellules d’habitat le long de cheminements qui convergent vers le centre des activités, le marché (le souk) et la mosquée. Pourtant, et c’est là l’objet de ce travail, il est possible à travers l’analyse du tissu urbain d’aujourd’hui de mettre en évidence certains principes, certaines règles  qui ont présidé à la création et à l’évolution de la ville.

Marrakech serait en fait le résultat de la superposition de plusieurs ordres, géométriques ou non, répondant à des logiques spatiales, sociales et culturelles différentes.

Le parcellaire des quartiers, le plan même de la ville et de ses remparts, semblent ainsi marqués tant par des hésitations historiques quant à l’orientation correcte de la prière et par l’évolution des systèmes d’alimentation et de distribution de l’eau, que par la cohabitation de différents modes de structuration des espaces, qu’elles soient de traditions tribales et nomades ou plus nettement orientales et citadines.

PUBLICATIONS

Quentin Wilbaux,
Marrakech, le secret des maisons jardins,
ACR, Paris, 1999

Quentin Wilbaux,
Marrakech et le sud marocain
Herme, Paris, 2001

Quentin Wilbaux,
La medina de Marrakech,
formation des espaces urbains d'une ancienne capitale du Maroc,
L'Harmattan, Paris, 2002

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qwilb@hotmail.com

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